La Fondation AMIPI

invente

l'usine apprenante

“La fondation AMIPI joue le jeu de l'intégration dans la société. On a toujours été en faveur de la mixité sociale.” Jean-Marc Richard, Président de la Fondation

Maurice Vendre, père d'un enfant trisomique, fonde en 1960 l’association AMIPI, devenue Fondation d’utilité publique en 2005, qui a pour but de lutter contre l’exclusion sociale dont sont victimes les personnes ayant un handicap cognitif en développant leurs compétences par des apprentissages adaptés. La Fondation pilote actuellement 6 UPAI (Usines de Production, d'Apprentissage et d'Insertion) en régions Pays de Loire et Centre - Val de Loire.

 

Leur particularité ? Toutes ces usines sont des entreprises adaptées (minimum 80 % de salariés en situation de handicap) et ont pour objectif premier de transmettre à leurs opérateurs les clés pour leur insertion dans le monde professionnel classique.

 

Une usine repensée en faveur de l’insertion

 

La câblerie de Nantes compte 30 encadrants pour 200 opérateurs. Elle produit des fils électriques, 46 millions tous les ans, vendus aux constructeurs automobiles français (PSA, Renault, …). Cette activité permet de travailler sur un produit complexe, le faisceau électrique, pouvant être décomposé et présentant un volume important qui permet la répétition des apprentissages pour développer les capacités cognitives des opérateurs.

 

L’organisation de l’usine est pensée pour être bénéfique tant à l'industrie qu’aux opérateurs. La câblerie est découpée en trois parties : les secteurs coupe et montage et le magasin. La présence de ces trois activités sur le même site évite les flux logistiques et favorise la polyvalence et la montée en compétences des opérateurs. Elle présente donc un avantage industriel (gérer l’absentéisme) et permet aux opérateurs de s’habituer au changement, facilitant ainsi leur insertion dans le milieu ordinaire. Le parcours d'apprentissage d'un opérateur de la Fondation s'articule autour de 3 mots clefs : accueillir, faire progresser, rendre autonome. L’efficacité de son organisation, ainsi que les aides de l’Agefiph, permettent à l’usine, dernier câbleur français, d’être compétitive en proposant des prix équivalents à ceux des pays de l’Est.

 

En 2017, l'usine est parvenue à réaliser 15 insertions en milieu ordinaire de ses opérateurs. Doriane Pastor (Responsable de l'UPAI de Nantes), nous explique : “notre plus, c’est que nous connaissons les compétences de notre personnel”. Ceci permet à la fondation de proposer une collaboration fiable et efficace aux entreprises accueillantes, qui conviennent aux opérateurs. En cas d'échec avant la signature du CDI, l’opérateur réintègre la Fondation. Jean-Marc Richard, Président de la Fondation, souligne: “chaque insertion réussie représente en moyenne 300.000 euros économisés pour la dépense publique.” L’objectif de la Fondation est de générer une baisse de la dépense publique, en revalorisant les compétences des jeunes et en laisser aux gens le temps de faire leurs apprentissages.

 

Comment fonctionne un tel modèle ?

 

Inspirés par le modèle allemand, les fondateurs ont mis au cœur du modèle industriel plusieurs aspects : le dialogue social, l’apprentissage et le désir des opérateurs de s’insérer dans le milieu ordinaire.

 

1/ Favoriser le dialogue social

À l’image du modèle allemand, ou les avancées des syndicats bénéficient aux syndiqués, le conseil d’administration de la Fondation souhaiterait que la représentativité des salariés soit forte, pour que les questions fondamentales sur les besoins des salariés soient traitées.

 

2/ Développer l’apprentissage et le mimétisme

En étroite collaboration avec des équipes scientifiques internationales, la Fondation travaille sur l’appropriation par une personne du désir d'une autre et sur le mimétisme, liés aux neurones miroirs (neurones activés lorsque l’on exécute une action ou lorsqu’on l’observe chez un autre, pour plus d'informations, lire Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner, ouvrage collectif : entretiens réalisés par P. Van Eersel et cinq médecins ou chercheurs réputés).

Ainsi, la Fondation a organisé ses premières portes ouvertes en 2014 pour permettre aux familles des opérateurs de découvrir leurs proches sur leurs postes de travail et faciliter ainsi le travail d'insertion. Elle a aussi instauré une Médaille du Héros, remises aux personnes insérées en milieu ordinaire lors d'une cérémonie en présence des chefs d’entreprises les ayant accueillis et des opérateurs des différents sites de la Fondation. Un comité d'insertion qui se réunit tous les 15 jours a été créé, ainsi que le prix RSE-Maurice Vendre “Emplois dans l’industrie et Insertion”, un outil stratégique de communication sur la responsabilité sociétale des entreprises.

 

Jean-Marc Richard conclut : “le problème n’est pas le handicap, mais le devenir d'une société qui ne serait faite que pour quelques-uns… il est urgent de faire du social responsable.” A ceux qui seraient intéressés pour creuser l'idée, il recommande de lire Éloge de la faiblesse d’Alexandre Jollien.

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"Un voyage de mille lieues commence toujours par un Premier Pas"

Lao Tseu

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