Avencod':

le camp d'entrainement,
avant l'entreprise ordinaire

"Nous sommes la seule entreprise d'informatique qui rêve de perdre ses meilleurs éléments." Laurent Delannoy, fondateur          

"Le camp d'entrainement", voici le surnom donné à la jeune entreprise adaptée Avencod par les personnes autistes qui y travaillent. Et pour cause: le rêve de son dirigeant est que ses salariés intègrent les entreprises de ses clients après deux ans passés dans la start-up, en tant que développeurs ou testeurs informatiques. L'entreprise Avencod se voit donc comme une passerelle, un tremplin vers le monde ordinaire pour des personnes autistes.

Le constat d'un loupé: des métiers sous tension face à un fort taux de chômage

A l'initiative de l'aventure se trouve un couple, Laurent Delannoy, informaticien de carrière, et sa femme Laurence. Leur projet est né de l'observation d'une dissonance: tandis que le taux de chômage des personnes en situation de handicap est deux fois supérieur au taux de chômage moyen et que ces personnes peinent à exercer des fonctions à haute valeur ajoutée, il manque encore 15 000 développeurs et testeurs en France pour répondre aux besoins des entreprises. C'est ce hiatus que le couple veut combler, en créant des emplois dans les métiers de l'informatique.

Un potentiel gâché: les compétences des personnes autistes

Ils prennent alors connaissance d'une étude SAP qui met en évidence que le système autistique est très cohérent avec les métiers de développeur et de testeur, du fait de la logique sur laquelle s'appuient ces fonctions. Les époux décident donc de se renseigner plus en détails sur l'autisme ; ils apprennent alors que 1% de la population française a une forme d'autisme, ce qui représente 450-500 000 personnes. Cependant, tandis que la majorité de ces personnes n'ont pas de déficience intellectuelle, seules 3% à 20% d'entre elles ont un emploi. Séduits par l'innovation proposée dans le secteur informatique, et par les capacités intellectuelles des personnes autistes rencontrées, ainsi que par leur rigueur, leur sens du détail et leur volonté de travailler, ils décident de travailler principalement avec elles.

Le couple cherche alors à s'entourer de partenaires connus et reconnus. Ils contactent le Centre de Ressource Autistique (organisme d'Etat qui diagnostique l'autisme), qui est séduit par l'idée d'une entreprise qui ferait monter les personnes en compétences, plutôt que de les cocooner. Ils s'entourent aussi de neuropsychologues.

Répondre à deux défis: l'ouverture des profils et l'employabilité directe

Le gâchis de talents s'explique en partie par l'inadéquation des profils recherchés par les employeurs des métiers de l'informatique et le niveau d'étude moyen des personnes en situation de handicap. Les fondateurs d'Avencod décident alors d'ouvrir les profils afin d'amener des personnes avec des troubles autistiques éloignées de l'emploi à devenir des consultants recherchés. Ils emploient des testeurs qui n'ont que le Bac, leur font suivre un stage de 2 mois, puis leur propose un CDI. Même principe pour les développeurs, qui ont souvent arrêté leurs études au Bac+2. Le défi de l'entreprise est alors de faire monter ces personnes en compétence. Et ça marche, en témoigne la satisfaction de leurs clients.

Un second défi auquel se confronte Avencod est celui de l'intégration directe des personnes en situation de handicap. En effet, les personnes autistes ont souvent des difficultés à rejoindre des entreprises classiques, car peu sensibilisés à ce mode de fonctionnement. L'entreprise adaptée essaie donc de créer des emplois plus pérennes, ainsi qu'un environnement de travail qui permet d'augmenter l'employabilité des entreprises clientes. Concrètement, Avencod propose à des personnes autistes de travailler pendant 2 ans au sein de l'entreprise adaptée pour un client, puis, passé ce délai, elle lui propose d'embaucher l'équipe du projet, en s'engageant à réembaucher toute l'équipe en CDI à Avencod si l'intégration ne se passe pas bien la première année.


Laurent Delannoy explique: "les clients vont voir évoluer des gens sur leurs socles techniques, sur leurs projets, en contact avec leurs collaborateurs, pendant deux ans. Cette évolution devrait pouvoir les amener à vouloir intégrer certaines de ces personnes chez eux."

Résultats probants et nouveau challenge à venir...!

Ainsi, le business modèle économique d'Avencod permet aux entreprises de répondre à leurs obligations quant à la loi diversité de 2005 en deux temps: elles peuvent d'abord externaliser leurs projets informatiques auprès d'une entreprise adaptée et réduire ainsi leurs cotisations Agefiph, elles disposent ensuite d'un vivier d'employés potentiels qu'elles peuvent intégrer directement. C'est ce modèle qui séduit les clients d'Avencod, qui se multiplient rapidement. Parmi eux, les groupes Amadeus, Thalès under water system, Ethik management, le moteur de recherche éthique Qwant et la CNAF.

Après moins de 2 ans d'existence, la start-up emploie déjà 10 personnes en CDI et une en contrat d'apprentissage. 7 collaborateurs sont autistes et 4 ont un autre problème psychologique ou physique. Il reste à savoir si, passé deux ans d'existence, les résultats espérés en terme d'employabilité directe chez les clients se produiront... Pour Laurent Delannoy, c'est "le prochain challenge" !

"Un voyage de mille lieues commence toujours par un Premier Pas"

Lao Tseu

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