Mézin:

 

quand le handicap psychique

redynamise un village

"Le village, c'est nous... à peu près!" Eric Berguio, directeur de l'Essor

Une station essence se situe sur la droite de la route qui mène au village. Dans le centre, une brocante et une cordonnerie se font face, dans une jolie petite rue pavée. Si vous remontez la rue un peu plus haut, vous tomberez sur la laverie. Mézin, qui compte 1500 habitants, a tout d'un village français ordinaire. Et pourtant... Sa particularité ? Tous ces commerces sont tenus par les travailleurs de l'ESAT (Etablissement et Services d'Aide par le Travail) de L'Essor ; des personnes qui ont toutes un handicap psychique.

L'ESAT appartient à l'Essor, association nationale fondée en 1939 par l'abbé Plaquevent. L'établissement défend un projet inclusif et social: il cherche à redynamiser le petit village de Mézin, en proposant des postes de boutiquiers à des personnes ayant un handicap psychique. Suite à la délocalisation de son activité économique principale (fabrication de bouchons de liège), le village a perdu une grande partie de sa population, laissant de nombreux commerces à l'abandon. Parallèlement à cette dynamique, le lieu est devenu une terre d'accueil pour différentes communautés étrangères.  C'est dans ce contexte que l'ESAT a été créé en 1993, avec la volonté de revitaliser le village sans faire de concurrence aux boutiquiers existants, en s'appuyant sur l'ouverture culturelle et sociale du village.

Au total, l'établissement gère 8 activités. La plus ancienne est la gestion d'espaces verts ; une blanchisserie est ensuite créée. La brocante est encadrée par une éducatrice spécialisée et vue comme un sas thérapeutique pour les travailleurs, avec l'idée qu'en réparant des meubles, ils participent à se restaurer aussi. Si ces commerçants quelque peu atypiques sont complètement intégrés dans le décor aujourd'hui, les débuts ont été plus difficiles et un travail de vivre-ensemble a dû être réalisé. A titre d'exemple, se tiennent tous les ans les rencontres inter-sportives du village, gérées par les personnes accueillies dans l'ESAT.

L'ESAT offre à ce jour du travail à 68 personnes ayant un handicap psychique et compte une quarantaine de salariés (moniteurs, foyers d'hébergement, SAVS, etc.). Cet ESAT est triplement innovant: dans son implication auprès des personnes ayant un handicap psychique (travail avec des acteurs psychiatriques), en faveur de la revitalisation du territoire national et dans son approche inclusive (les travailleurs tiennent des commerces "ordinaires", quotidiennement au contact  de la population).

Entre Toulouse et Bordeaux, n'hésitez donc pas à aller faire un tour à Mézin, belle exemple d'une ville 100% inclusive !

"Un voyage de mille lieues commence toujours par un Premier Pas"

Lao Tseu

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